Challah la danse

Challah la danse

Dalya Daoud

Le Nouvel Attila - 2024

9782493213846

Chemin des brigands logent dix familles, la plupart issues du Maghreb, dans un lotissement ouvrier bâti à côté d'une usine de textile. En marge du village, de ses bars, de son église, de sa ferme et de son lama, voici leur histoire. On s'attache à Bassou, fils chéri de Lalla, qui grandit sans trouver sa place au bourg ni chez ses cousins de banlieue, ainsi qu'au clan des filles, Olfa et Jihane en tête, dans leurs velléités d'émancipation des moeurs familiales et d'intégration à la grande ville. Ce roman vrai d'un micro quartier populaire, de la dimension du mythe, se lit comme une enquête, avec tous les éléments de l'harmonie comme de la discorde, sans que ses habitants, confrontés au miroir social, ne sachent jamais s'ils sont des brigands ou des perdants. Un hymne à la joie, musical et charnel. « Quand leurs enfants partirent du village, Hassan leur prescrivit de ne pas oublier leurs origines mais, avec le temps et la façon de leur père de si bien composer, ils ne surent pas s'il parlait de l'Algérie ou du Lotissement. » Dalya Daoud a été onze ans rédactrice en chef de Rue89Lyon qu'elle a créé en 2012. Avant cela, elle a été journaliste politique et culture. Mais aussi, durant ses études, vendeuse de lingerie, serveuse dans un restaurant gastronomique, ouvrière dans une usine de cataphorèse puis dans une autre de production de dialyseurs. Challah la danse est son premier roman.
Coup de cœur
Ça commence comme ça :
" Smaïl avait prétendu que la promenade avec son fils deviendrait un rituel mais un ciel menaçant ou le moindre prétexte suffisaient à l'y faire renoncer. Ce dimanche, il entreprit de tenir sa promesse et s'approcha de Bassou qui mesurait le son d'une petite cuillère contre un bidon d'huile de cuisine. "

Un premier roman éclatant, plein de sonorités et de sensations, qui nous plonge dans la vie du Lotissement, un quartier populaire non loin de la banlieue lyonnaise, construit aux côtés d'une usine textile dans les années 1970 afin d'y loger les familles des ouvriers, pour beaucoup issues de l'immigration.
Le roman s'écoule en une succession d'instantanés, bruissants et pleins de vie.
Un roman savoureux et réflexif, à la fois portrait d'une société et miroir d'une époque.