La mémoire délavée
Nathacha Appanah
Folio - 2025
9782073097996
«Toute leur vie, une partie d'eux restera dans le camp et bien sûr ils continueront à travailler, à faire des enfants, à vivre, à progresser mais ça leur manquera toujours comme une enfance perdue à jamais, comme une langue oubliée.» En 1872, le trisaïeul de Nathacha Appanah débarque à l'île Maurice avec sa femme et leur fils âgé de onze ans. Comme des milliers d'autres coolies, cet homme a quitté l'Inde pour venir remplacer les esclaves noirs dans les plantations sucrières coloniales. Plusieurs générations se succéderont dans ces champs de canne, jusqu'au grand-père de l'autrice, dont le courage et la dignité briseront l'asservissement et éclairent ces pages.
Ça commence comme ça :
"Quand revient le temps des étourneaux qui se déploient dans le ciel pour dessiner des figures liquides et mouvantes, je vois gonfler et se former une dame-jeanne."
Une grande traversée de la mémoire, qui fait apparaître autant l'histoire collective des engagés indiens à l'île Maurice que l'histoire intime de la famille de l'autrice.
Et un magnifique hommage à son grand-père, dont la beauté et le courage éclairent ces pages, lui qui travaillait comme son propre père dans les champs de canne, respectant les traditions hindoues mais se sentant avant tout mauricien.
La grande délicatesse de Nathacha Appanah réside dans sa manière à la fois directe et pudique de raconter ses ancêtres mais aussi ses parents et sa propre enfance comme si la mémoire se délavait de génération en génération et que la responsabilité de l'écrivain était de la sauver, de la protéger. Elle signe ici l'un de ses plus beaux livres, essentiel.
"Quand revient le temps des étourneaux qui se déploient dans le ciel pour dessiner des figures liquides et mouvantes, je vois gonfler et se former une dame-jeanne."
Une grande traversée de la mémoire, qui fait apparaître autant l'histoire collective des engagés indiens à l'île Maurice que l'histoire intime de la famille de l'autrice.
Et un magnifique hommage à son grand-père, dont la beauté et le courage éclairent ces pages, lui qui travaillait comme son propre père dans les champs de canne, respectant les traditions hindoues mais se sentant avant tout mauricien.
La grande délicatesse de Nathacha Appanah réside dans sa manière à la fois directe et pudique de raconter ses ancêtres mais aussi ses parents et sa propre enfance comme si la mémoire se délavait de génération en génération et que la responsabilité de l'écrivain était de la sauver, de la protéger. Elle signe ici l'un de ses plus beaux livres, essentiel.