Trop tard

Trop tard

Baptiste Delengaigne

2042 Édition - 2026

9782487849204

Claudine, jeune homme candide, débarque dans le fracas de la grande ville, à la recherche de son cousin Alain. Une maison abandonnée, un curieux buste de Napoléon, une entêtante odeur de chloroforme... Claudine tombe entre les mains d'une bande de mauvais garçons : Messieurs Plomb, Seigle, Lavande et Cerise font partie du fameux gang des Mamelouks ! Quelle surprise de découvrir que leur terrible chef n'est autre que le cousin Alain... Avec son physique de lutteur et ses envolées lyriques, Alain impressionne Claudine. Certes, ces Mamelouks sont un peu inquiétants, mais ils sont aussi sculpteurs, poètes plein de verve et amoureux de la langue française - ce ne sont pas de simples bandits ! Ces hommes poursuivent un grand projet, et celui-ci est politique : sculpter des bustes de Napoléon, en inonder la France, et inspirer ainsi au peuple l'envie de retrouver son génie conquérant ! Bon gré, mal gré, Claudine suit la bande dans ses aventures et découvre peu à peu ces forces qui, tapies dans l'ombre, préparent la grande contre-révolution réactionnaire, qui emporterait tout sur son passage... Dans ce récit haletant, les méchants ont lu Renaud Camus et Marc-Edouard Nabe, et verraient sans doute en Bolloré une chance pour la France. Avec Trop tard, Baptiste Delengaigne signe une première bande dessinée remarquable, hommage virtuose aux maîtres du manga et aux grands pionniers du dessin animé mais, surtout, peinture glaçante d'une extrême droite aussi grotesque que dangereuse.
Coup de cœur
Ça commence comme ça :
" Nous tomberons sur eux avant qu'ils puissent dire : ouf !
Un signe de moi et ce sera la chute du gouvernement ... Et alors là, la voie sera libre pour nos amis.
... Et si ça ne se passe pas comme prévu ? Si le Président Charrue bouge ?
J'ai dix hommes dans chaque faubourg, prêts à faire crever tout un peuple contre mes adversaires. "

Dans le dessin, la plasticité, le mouvement sont très impressionnants. On pense très clairement à Tezuka, à Grimault. Tout cet attirail graphique ultra référencé n'empêche pas à Baptiste Delengaigne d'être (et c'est peu de le dire) très libre et inventif dans son découpage et dans sa narration, au service d'une satire politique hilarante, au cœur d'un groupuscule d'extrême droite sur le sentier de la guerre, au nom de la France éternelle, sous l'égide de Napoléon et du Dieu Alcool, bien décidé à lutter contre le Grand Remplacement à l’œuvre. Le propos est intelligent, ultra référencé lui aussi. Tout ressemblance avec des faits réels, etc...