Ton cadavre exquis
Marion Quantin
P.O.L. - 2026
9782818065570
Il faut comprendre que tout puait la mort. Tout puait tellement la mort chez mon père que j'ai commencé à écrire sur son cadavre de son vivant. Le soir, pour me soulager de son lent suicide par l'alcool, pour ne pas devenir plus violente que je ne l'étais déjà avec lui, et moi-même, par une sordide et ordinaire impuissance, je prenais mon stylo et je le tuais. Et puis, il est mort. Pour de vrai. Et je n'ai plus écrit. Le soulagement de ne plus devoir supporter cette laideur n'a pourtant pas suffi. Il fallait remettre de la beauté là où tout avait été sali. Et c'est comme ça qu'un jour, je suis devenue thanatopractrice.
Ça commence comme ça :
" La salle de thanatopraxie, ma table de travail en métal, une housse mortuaire sur un brancard, un corps. Je me demande ce que je fous là alors que j'ai bataillé pendant des mois pour convaincre ma famille et mes collègues que c'était à moi d'embaumer mon père. Il fait plus froid que d'habitude. "
Ce premier roman de Marion Quantin est un récit de deuil atypique, parcouru de lignes claires dans lesquelles une jeune thanatopractrice dissèque des parties de son enfance et de sa vie aux côtés d'un père défaillant, alcoolique et violent, dont elle prépare l'embaumement.
Assurément un pitch qui a tout pour nous mettre à distance et pourtant ce roman est une expérience fascinante, un récit remarquable qui, plus qu'un journal de souffrance, offre une autre vision du soin, un rapport apaisé au corps et à la mort, et la possibilité d'une réparation.
" La salle de thanatopraxie, ma table de travail en métal, une housse mortuaire sur un brancard, un corps. Je me demande ce que je fous là alors que j'ai bataillé pendant des mois pour convaincre ma famille et mes collègues que c'était à moi d'embaumer mon père. Il fait plus froid que d'habitude. "
Ce premier roman de Marion Quantin est un récit de deuil atypique, parcouru de lignes claires dans lesquelles une jeune thanatopractrice dissèque des parties de son enfance et de sa vie aux côtés d'un père défaillant, alcoolique et violent, dont elle prépare l'embaumement.
Assurément un pitch qui a tout pour nous mettre à distance et pourtant ce roman est une expérience fascinante, un récit remarquable qui, plus qu'un journal de souffrance, offre une autre vision du soin, un rapport apaisé au corps et à la mort, et la possibilité d'une réparation.